C'ÉTAIT IL Y A 63 ANS... Après presque 90 ans de domination britannique, le destin du grand empire colonial et de la petite île méditerranéenne se scinde avec l'adoption de l'indépendance des Chypriotes. Une épopée nationale qui n'a laissé aucun pays indifférent : Grèce, Turquie, OTAN et URSS, chaque puissance a voulu y jouer ses intérêts.
L'Île de Chypre en 1960, avec les bases militaires anglaise d'Akrotiri et Dhekelia
Positionnée en Méditerranée orientale, Chypre occupe une position stratégique pour tous les acteurs de la région. L’île est un centre d’intérêt pour tous ses voisins : en 1960, l’Angleterre dispose encore sur l’île de bases militaires ; et l’OTAN, les Balkans, les États arabes, Israël, considère l’île comme un point-clé à protéger au même titre que Suez, Gibraltar, ou les Dardanelles. En pleine Guerre Froide, l’URSS et les États-Unis, y voient eux aussi, un levier d’influence stratégique dans la région, et un faire-valoir idéologique.
Au XIXe siècle, après trois-cents ans d’occupation ottomane, l’île de Chypre est cédée à la Grande-Bretagne par le traité de Berlin (13 juin-13 juillet 1878) : dans un contexte d’affaiblissement de l’empire Ottoman sur les plans politique, militaire et économique ; le traité redéfinit et fixe les frontières de plusieurs pays d’Europe centrale. L’île est retirée à l’empire ottoman, et placée sous protectorat britannique. Chypre, qui a participé à l’effort de guerre pour l’indépendance de la Grèce (entre 1821 et 1829) voit d’un bon oeil l’administration britannique de l’île : les Anglais pourraient les aider à mener un processus pacifique de rattachement à la Grèce. Les deux grands conflits mondiaux anéantiront ces espoirs.
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